Perte de cheveux : La calvitie n’est pas une fatalité

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Perte de cheveux : La calvitie n’est pas une fatalité

Honte, embarras puis acceptation : comment j’ai appris à surmonter ma calvitie précoce. Et pourquoi la perte de cheveux n’est pas une fatalité.

 

La calvitie de Jiraya et sa perte de cheveux

La calvitie d’un jeune homme de moins de trente ans ayant un état de calvitie assez avancé

 

Perdre jeune ses cheveux

J’ai commencé à prendre conscience que je perdais sérieusement mes cheveux entre mes 26 et mes 27 ans. Lorsque je revois des photos de moi de l’époque, je me dis que j’aurais bien aimé m’arrêter à ce niveau. Je n’avais pas une chevelure folle, mes lobes frontaux étaient dégagés comme ceux de mon héros chasseur de fantômes, mais j’avais encore de quoi faire croire à quiconque que j’avais des cheveux. À moi le premier. Je me demandais déjà néanmoins comment j’en étais arrivé là. Le port de la casquette et du chapeau depuis le plus jeune âge en était-il responsable? Ou bien était-ce la faute à cette décoloration qui m’avait gentiment brûlé le cuir chevelu quelques années plus tôt?

C’est à cette époque aussi qu’une rencontre inopportune m’a servi d’oracle funeste. Alors que je bouffais au McDo, la sœur d’un vieil ami souffre-douleur est apparue. Prenant poliment de mes nouvelles, elle m’a annoncé qu’elle faisait des études de coiffure. Puis elle a terminé l’échange par une moquerie, que j’ai trouvée limite : « Ah, toi tu vas être chauve. Je le vois d’ici! »

 

Assumer sa calvitie

Si 26 % des chauves s’assument, ça veut dire que 74 % ne s’assument pas. Et évidemment, il est probable que vous fassiez partie de cette écrasante majorité le jour où vous devez tristement vous rendre à l’évidence devant le miroir ou — de manière bien plus frappante — en photo. Le miroir continue de vous renvoyer une image un peu idéalisée de vous. La photo, elle, ne trompe pas. Vous découvrez bien assez vite que, par des voies mystérieuses, vous êtes bien plus chauve en photo que vous l’êtes dans la vraie vie. Quelqu’un qui n’assume pas sa calvitie peut toujours trouver une épaule réconfortante pour lui dire que ce n’est pas grave — comme l’impuissance ou, je ne sais pas, l’éjaculation précoce. Pourtant, ce discours complaisant ne vous éloigne jamais de la dureté de la réalité. Ce n’est peut-être pas grave, mais l’Histoire et la société, de la Grèce antique aux réseaux sociaux, n’a jamais rien fait pour rassurer les chauves. Ou leur faire penser qu’ils étaient égaux aux autres.

Depuis cet enculé de Samson, le fantasme de la virilité est en effet chevelu. La très grande majorité des filles à qui j’ai parlé de ma calvitie — en étant probablement un peu bourré — ont beau avoir tenté de me rassurer, je crois qu’au fond, elles essayaient d’éviter de se confronter à leur superficialité évidente dès lors qu’on évoque la chevelure des garçons. Par ailleurs, n’étant pas parfaitement répugnant physiquement et capable d’être très charmant, j’arrive à faire passer mes cheveux au second plan. Mais dès qu’arrive le test déterminant visant à discréditer toute forme de tolérance pour les chauves sur l’échelle du sex-appeal, la conclusion est sans appel

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